Que sait-on aujourd’hui de l’ADN et de ses
fonctions ? Quel a été le rôle
de Rosalind Franklin dans sa découverte ? Que peut-on attendre
des avancées les plus récentes en génétique ?
L’ADN fait aujourd’hui partie de notre quotidien et intervient
dans de nombreux domaines : médecine, enquêtes policières,
processus industriels, agriculture, recherche médicale ou
encore paléontologie. Il est désormais possible d’agir
directement sur le génome humain, ce qui place l’ADN au cœur
de questions éthiques cruciales pour notre avenir.
On lit souvent que l’ADN a été découvert en 1953 par James
Watson et Francis Crick. Dans une version légèrement moins
caricaturale, ils auraient élucidé la structure de la molécule
et en auraient été récompensés par le prix Nobel. Au passage,
on oublie généralement le troisième lauréat, Maurice Wilkins.
Mais James Watson lui-même, dans son livre La double
hélice, souligne que l’histoire de cette découverte
comprend cinq protagonistes : les trois déjà cités, auxquels
s’ajoutent Linus Pauling et Rosalind Franklin.
Celle-ci a joué un rôle majeur, en dévoilant la structure
précise de la molécule grâce à la technique de réfraction des
rayons X qu'elle avait apprise dans des laboratoires de
physique, à Londres et à Paris. Ses travaux révèlent un autre
pan de l’histoire, celui des observations et des expériences
qui ont ouvert la voie aux autres chercheurs, plus
théoriciens. En suivant le cheminement de la pensée de
Rosalind Franklin, nous découvrons aussi ce qu’est la science,
une aventure humaine autant que scientifique, qui ne peut se
réduire au dernier pas décisif, à un événement singulier.
Celui-ci, en l’occurrence la publication du célèbre article de
Watson et Crick, s’inscrit en réalité dans une longue histoire
faite d’essais méthodiques, d’erreurs fécondes et de succès
enthousiasmants.
Certains ont fait de Rosalind Franklin un exemple de
femme scientifique victime de ses collègues et concurrents.
Mais réduire sa vie à celle d’une femme incomprise et
maltraitée par un milieu scientifique patriarcal serait très
réducteur. Elle a effectivement dû se battre pour se faire
reconnaître mais elle était une chercheuse brillante et
exigeante, dont les travaux sont aujourd'hui pleinement
reconnus.